Menaces bioterroristes contre des groupements opposés à l'adhésion à l'ONU

hd. Le mercredi 22 février - comme cela avait déjà été le cas quinze jours auparavant pour deux groupements préconisant le NON, le bureau du Comité fédéral pour une Suisse neutre, souveraine et démocratique (www.discours-libre.ch) a été victime d'une fausse attaque à l'anthrax. A 12 h 15, une collaboratrice bénévole a ouvert une lettre contenant une liasse de tracts du mouvement d'où ruisselait une poudre blanche. La task force de la police municipale de Zurich a mis aussitôt le bâtiment en quarantaine. Le vendredi à 16 h, elle a informé les victimes que ladite poudre ne contenait pas de germes d'anthrax.

Il s'agit là d'une action criminelle. Exercer une menace en utilisant une arme de destruction massive est un acte terroriste qui peut valoir à son auteur une lourde peine de prison. L'anthrax est une maladie bactérienne qui peut entraîner la mort en quelques jours. Un attentat de cette nature constitue une menace contre la vie des citoyens, la liberté de pensée et le droit à la libre formation d'une opinion politique. Le Comité fédéral et l'équipe de rédaction d'Horizons et débats sont persuadés que cet attentat est en rapport avec la manipulation et l'accentuation des divergences du débat politique, qui sont une des conséquences de la ruineuse campagne antidémocratique du Conseil fédéral et de sa violation des droits de l'homme et du citoyen ainsi que des fondements de la démocratie directe.

Parmi les adversaires de l'adhésion à l'ONU, on compte, outre certains partis politiques, de nombreux comités locaux et régionaux. Avec des arguments très divers dont beaucoup sont d'ordre humanitaire, ils luttent en faveur d'une Suisse qui continue à représenter une force indépendante et neutre dans le monde. L'un de ces groupements, le Comité fédéral pour une Suisse neutre, souveraine et démocratique, s'engage au plan national en faveur du NON et coordonne de nombreuses activités.

Lors de cette campagne, le Conseil fédéral s'est livré à une propagande massive aux côtés des partisans, contrevenant ainsi gravement aux règles de la séparation des pouvoirs. Il faut rappeler que dans la démocratie directe suisse, le Conseil fédéral, pouvoir exécutif, est tenu à la réserve et à la neutralité afin que les citoyens puissent se forger librement une opinion. Le Conseil fédéral doit exécuter la volonté populaire que traduit la votation. Les citoyennes et les citoyens doivent pouvoir évaluer les opinions des différents groupements et comités librement et indépendamment des autorités qu'ils financent, et prendre une décision personnelle. Le Conseil fédéral ne peut intervenir dans le processus de formation de l'opinion que par sa brochure d'explications et de recommandation, laquelle ne doit fournir que des informations complètes et objectives qui prennent en compte toutes les opinions. L'autorité du Conseil fédéral n'existe que dans la mesure où il représente la totalité des citoyens.

Notre gouvernement a appliqué dans la campagne une «nouvelle conception de la démocratie» sans en avoir reçu mandat du peuple. Il a pris une part active au débat et a cherché à imposer ses idées à long terme contre les citoyens en recourant aux deniers des contribuables et à des mesures administratives. Or cette façon d'agir est contraire à la fois à notre Constitution et à la Convention européenne des droits de l'homme.

Pourtant le Conseil fédéral a créé un puissant «ministère de la propagande» décentralisé: 432 spécialistes en communication de tous les départements «travaillent» les opinions des citoyens. Ils coûtent 62,5 millions de francs par année (Tages-Anzeiger du 26/4/2001). En outre, toute la «Section ONU» du Département des affaires étrangères s'est engagée en faveur de l'adhésion. En plus des 11 millions que les grands groupes industriels d'économiesuisse ont consacrés à la propagande, le Conseil fédéral s'est fait octroyer 2 millions de francs aux mêmes fins. Il a exercé des pressions sur les organisations et les associations afin qu'elles soient favorables à l'adhésion. Rares ont été les manifestations où le débat a été ouvert. Cette situation menace le droit des citoyens à une information objective, condition indispensable à la formation d'une opinion politique sincère.

(traduit de Zeit-Fragen du 25/2/2002, No 9)